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« Tuer l’Indien dans le cœur de l’enfant », les petits sacrifiés du Canada

Dans les traits burinés d’Edmund brûle le feu d’une histoire douloureuse, qui s’est déroulée en Ontario (Canada). Comme lui, des milliers de jeunes Amérindiens ont été enlevés à leurs parents et scolarisés dans des pensionnats catholiques où ils ont été battus, torturés à l’électricité et violés par des prêtres catholiques. En plus d’un siècle, 150 000 enfants sont passés par ces institutions religieuses et 4 000 y sont morts, la plupart de tuberculose. Le dernier de ces pensionnats maudits a fermé en 1996. Aujourd’hui, et c’est le sujet de cette implacable enquête, les survivants se battent pour que l’Etat canadien reconnaisse enfin ses crimes.

Des citoyens de seconde zone
En 1876, l’Indian Act met en place une politique raciste d’acculturation des autochtones : séparation d’avec les Blancs et sédentarisation du peuple nomade pour mieux contrôler ses territoires et ses ressources. Depuis, les Indiens, parqués dans des réserves insalubres, sont toujours considérés comme des citoyens de seconde zone. Au pensionnat Sainte-Anne, l’Eglise et l’Etat ont tenté de « civiliser » les « sauvages » et de faire de ces jeunes Indiens des « bons petits chrétiens ». Edmund se souvient de son arrivée brutale à l’âge de 4 ou 5 ans, de sa longue tresse coupée net, de ses vêtements brûlés et de l’interdiction de parler sa langue. Les familles qui refusaient de se soumettre étaient persécutées et perdaient les maigres allocations versées par l’Etat.

Pendant huit ans, Edmund subira les violences et les mauvais traitements de prêtres pédophiles. Des traumatismes restés tabous qui se transmettent inconsciemment de génération en génération et dont les conséquences - alcoolisme, toxicomanie, vagues de suicides, féminicides... - se mesurent encore aujourd’hui. Malgré les excuses présentées en 2015 aux victimes des pensionnats par le Premier ministre Justin Trudeau et sa promesse de se saisir du scandale des féminicides, les Amérindiens et leurs défenseurs, tel le député Charlie Angus, doivent lutter pied à pied contre le cynisme de l’Etat et de la police. « Je me battrai jusqu’à l’abolition de l’Indian Act, pour qu’il n’y ait plus de réserves et qu’on soit enfin libres », assure Edmund.


Par Anne Sogno
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Publié le 13 avril 2021 à 17h00
https://www.nouvelobs.com/ce-soir-a-la-tv/20210413.OBS42682/tuer-l-indien-dans-le-c-ur-de-l-enfant-les-petits-sacrifies-du-canada.html

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