Habitué aux propos provocateurs, Donald Trump est allé plus loin qu’il ne l’avait jamais fait, samedi 10 février, lors d’un meeting électoral en Caroline du Sud. Rapportant une discussion avec un chef d’État européen, sans le nommer, il a lancé : « Un des présidents d’un gros pays s’est levé et a dit : ” Eh bien, Monsieur, si on ne paie pas et qu’on est attaqué par la Russie, est-ce que vous nous protégerez ?” », a raconté le candidat républicain avant de donner sa réponse : « Non, je ne vous protégerai pas. En fait, je les encouragerai à vous faire ce qu’ils veulent. Vous devez payer vos dettes. »

Blanc-seing pour Poutine

L’ancien président des États-Unis a souvent critiqué les pays de l’Otan, estimant qu’ils ne payaient pas assez pour leur défense. En 2018, il a même évoqué à plusieurs reprises avec des chefs d’État européens un possible retrait des États-Unis de l’Otan pour cette raison, selon son conseiller à la sécurité nationale, John Bolton. Mais dans les propos tenus ce 10 février, le candidat républicain se dit maintenant prêt à offrir un blanc-seing à la Russie s’il lui prenait l’envie de s’attaquer à un pays membre de l’Alliance.

Cette sortie de Donald Trump intervient alors qu’il fait pression depuis plusieurs semaines sur les élus républicains pour qu’ils bloquent tout nouveau versement d’une aide à l’Ukraine. Un plan comprenant une enveloppe de 95 milliards de dollars (88 milliards d’euros) et qui inclut également une aide à Taïwan et Israël est en discussion au Congrès, mais il bute sur l’opposition d’un groupe de représentants pro-Trump.

Les propos de Donald Trump ont entraîné une réplique immé

Les propos de Donald Trump ont entraîné une réplique immédiate du porte-parole de la Maison-Blanche, Andrew Bates. Dans un communiqué, il a jugé qu’« encourager l’invasion de nos alliés les plus proches par des régimes meurtriers est consternant et insensé ». Il a accusé l’ex-président d’« appeler à la guerre et de promouvoir le chaos ». Dimanche, le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg a mis en garde contre les propos qui « sapent notre sécurité ».

Les propos de Donald Trump indiquent en tout cas que s’il est élu, les Européens ne pourront plus bénéficier d’une garantie automatique de sécurité venant des États-Unis. Aux dernières statistiques datant de 2022 (avant que la plupart des pays européens ne réinvestissent massivement dans leur armée, certains avec du matériel américain), l’UE ne consacrait que 1,5 % de son PIB à son armée, loin de l’objectif des 2 % recommandé pour les pays membres de l’Otan. La France, pour sa part, était à 1,9 %, l’Allemagne à 1,5 %, tandis que la Pologne était à 2,2 %. Depuis, les efforts ont été significatifs, mais bien en deçà de ceux d’une Russie passée en économie de guerre et qui a augmenté ses dépenses militaires de 70 % l’an dernier.

Une primaire républicaine quasi acquise à Donald Trump

Donald Trump enchaîne les succès. Après ses victoires dans l’Iowa et le New Hampshire, l’ancien président a remporté le caucus républicain du Nevada jeudi 8 février.

Le prochain vote des primaires républicaines se déroulera le 24 février en Caroline du Sud, État dont Nikki Haley, principale concurrente de l’ancien président, a été la gouverneure entre 2011 et 2017 mais dans lequel Donald Trump est annoncé grand favori.

La victoire de Donald Trump aux primaires républicaines pourrait être actée dès le 5 mars avec le vote du Super Tuesday, lors duquel 14 États se prononceront sur le candidat qu’il souhaite opposer à Joe Biden.

 

 

 

  • Alain Guillemoles, 

https://www.la-croix.com/international/donald-trump-pret-a-encourager-la-russie-a-envahir-l-europe-20240211

 

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