Tipaza

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L’hôtel Césarée, de Cherchell

Localité côtière de Cherchell

L’hôtel Césarée opérationnel en 2010

L’hôtel Césarée, l’unique au niveau de la localité côtière de Cherchell, sera réceptionné à compter de mai 2010.

L'hôtel Césarée opérationnel en 2010

Cette propriété de ladite commune est considérée comme une infrastructure importante pour la relance de l’activité touristique dans cette partie ouest de la wilaya de Tipaza. Il aura fallu attendre le mois d’octobre 2004, pour voir enfin les autorités de wilaya se pencher sur le cas de cette ancienne bâtisse et décider de prendre en charge, en urgence, l’opération de réhabilitation de ce joyau architectural. Pour rappel, l’hôtel Césarée — Saint Nicolas était son appellation d’origine — a été construit en 1910 et aménagé en 1943, avant d’être endommagé par les séismes de 1980 et de 1989. La première expertise, établie en juin 1994 sur l’état de cette infrastructure, avait conclu que cet hôtel était à un stade avancé de dégradation et menaçait ruine, aussi, le CTC de Chlef avait préconisé la reprise complète du confortement de la structure de l’hôtel. L’Entreprise nationale de réalisation des ouvrages souterrains (Enros) est intervenue pour prendre en charge l’étude et la réalisation de ces travaux. Par ailleurs, le wali de Tipaza, lors d’une de ses visites d’inspection sur le site de ce projet, n’a pas manqué de mettre l’accent sur la nécessité de préserver le cachet architectural et historique de ce monument de la ville de Cherchell. La première phase du projet aura coûté au maître de l’ouvrage, l’Agence de gestion et de régulation foncière urbaine (AGRFU) de la wilaya de Tipaza, un montant de 32,5 millions de dinars.

La seconde phase de l’opération consistait à engager des aménagements de réhabilitation de cette infrastructure hôtelière pour procéder à son extension et augmenter ses capacités d’hébergement, initialement de 18 chambres. Le coût de la réhabilitation des blocs existants s’élève à 21 millions de dinars, l’extension de l’hôtel a coûté 30 millions de dinars, tandis que l’installation de la climatisation pour toute l’infrastructure aura coûté 19 millions de dinars. Les travaux d’extension sont à l’origine des retards dus à des problèmes techniques, car le bon sol se trouvait à plus de 4 mètres de profondeur d’une part et d’autre part l’entreprise de réalisation tenait compte de la préservation de l’architecture initiale intérieure et extérieure de l’hôtel et de l’état des murs des maisons voisines. La wilaya de Tipaza compte réceptionner l’hôtel au mois de mars 2010. Le cahier de charges est actuellement en cours d’établissement pour définir les critères d’exploitation de cette infrastructure du secteur du tourisme. L’équipement de l’hôtel Césarée sera à la charge du futur adjudicataire. Selon le directeur général de l’AGRFU de Tipaza, un nombre important d’opérateurs nationaux dans le secteur du tourisme s’intéressent à cet hôtel et commencent déjà à entreprendre des démarches en ce sens, avant même l’établissement du cahier des charges y afférent.

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Par M’hamed H.



Rédigé le 15/11/2009 à 19:05 dans CHERCHELL / CESAREE FORUM | Lien permanent | Commentaires (0)

"La chute" de Camus

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« O jeune fille, jette-toi encore dans l'eau pour que j'aie une seconde fois la chance de nous sauver tous les deux! »

Albert Camus "La chute"

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Une seconde fois, hein, quelle imprudence ! Supposez, cher maître, qu'on nous prenne au mot ? Il faudrait s'exécuter. Brr... ! l'eau est si froide ! Mais rassurons nous ! Il est trop tard, maintenant, il sera toujours trop tard. (Mal)Heureusement !

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Rédigé le 08/11/2009 à 21:58 dans Camus | Lien permanent | Commentaires (0)

LE PREMIER HOMME...

dry.gif ... Extrait

Fin.

Rendez la terre, la terre qui n'est à personne. Rendez la terre qui n'est ni à vendre ni à acheter ( oui et le Christ n'a jamais débarqué en Algérie puisque même les moines y avaient propriété et concessions ).

Et il s'écria , regardant sa mère, et puis les autres:

" Rendez la terre. Donnez toute la terre aux pauvres, à ceux qui n'ont rien et qui sont si pauvres qu'ils n'ont même jamais désiré avoir et posséder, à ceux qui sont comme elle* dans ce pays, l'immense troupe des misérables, la plupart arabes, et quelques uns français et qui vivent ou survivent ici par obstination et endurance, dans le seul honneur qui vaille au monde, celui des pauvres, donnez-leur la terre comme on donne ce qui est sacré à ceux qui sont sacrés, et moi alors, pauvre à nouveau et enfin, jeté dans le pire exil à la pointe du monde, je sourirai et mourrai content, sachant que sont enfin réunis sous le soleil de ma naissance la terre que j'ai tant aimée et ceux et celle que j'ai révérés.

( Alors le grand anonymat deviendra fécond et il me recouvrira aussi - Je reviendrai dans ce pays. )


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ALBERT CAMUS


*Sa mère

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Albert Camus est né le 7 Novembre 1913 en Algérie d'un père d'origine alsacienne et d'une mère d'origine espagnole. La famille est de condition modeste. Il est le deuxième enfant du couple: il a un frère, Lucien, plus âgé de 4 ans.

Son père est mobilisé en septembre 1914. Blessé à la bataille de la Marne, il meurt à Saint-Brieuc le 17 octobre 1914. Camus n'a donc pas connu son père.

Dès la mobilisation de son mari, Catherine et ses deux enfants vont s'installer chez sa mère à Alger, dans le quartier populaire de Belcourt. Albert et Lucien seront plus éduqués par leur grand-mère, une maîtresse femme, que par leur mère qui abdique toute responsabilité en raison de sa quasi-surdité et d'une difficulté à parler.

A l'école, son instituteur, Louis Germain, le pousse à passer le concours des bourses: il pourra ainsi poursuivre ses études au lycée et à l'université. Il lui garde une telle reconnaissance qu'il lui écrira en 1957 lorsqu'il recevra le Prix Nobel de Littérature.

Journaliste, écrivain, passionné de théatre, il marque la vie culturelle française de 1936 à 1960.

Comme tous les Français d'Algérie, il est traumatisé par la guerre d'Agérie dont il ne verra pas le dénouement tragique. Le 4 Janvier 1960, il trouve la mort dans un accident de voiture. Près de lui est retrouvé un manucrit inachevé qui sera publié par Catherine Camus, sa fille : " Le premier homme ".



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Rédigé le 08/11/2009 à 08:56 dans Camus | Lien permanent | Commentaires (0)

L'ENVERS ET L'ENDROIT...

..Extrait de la PREFACE

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Les essais qui sont réunis dans ce volume ont été écrits en1935 et 1936 (J'avais alors vingt deux ans) et publiés un an après, en Algérie, à un trés petit nombre d'exemplaires. Cette édition est depuis longtemps introuvable et j'ai toujours refusé la réimpression de " L'Envers et l'Endroit ".

Mon obstination n'a pas de raisons mystérieuses. Je ne renie rien de ce qui est exprimé dans ces écrits, mais leur forme m'a toujours paru maladroite. Les préjugés que je nourris malgré moi sur l'art ( je m'en expliquerai plus loin ) m'ont empêché longtemps d'envisager leur réédition. Grande vanité, apparemment, et qui laisserait supposer que mes autres écrits satisfont à toutes les exigences. Ai-je besoin de préciser qu'il n'en est rien ? Je suis seulement plus sensible aux maladresses de " L'Envers et l'Endroit " qu'à d'autres, que je n'ignore pas. Comment l'expliquer sinon en reconnaissant que les premières intéressent, et trahissent un peu le sujet qui me tient le plus à coeur ?

La question de sa valeur littéraire étant réglée, je puis avouer, en effet, que la valeur de témoignage de ce petit livre est, pour moi, cosidérable. Je dis bien pour moi, car c'est de moi qu'il exige une fidélité dont je suis seul à connaître la profondeur et les difficultés. Je voudrais essayer de dire pourquoi.

Brice Parain prétend souvent que ce petit livre contient ce que j'ai écrit de meilleur. Parain se trompe. Je ne le dis pas, connaissant sa loyauté, à cause de cette impatience qui vient à tout artiste devant ceux qui ont l'impertinence de préférer ce qu'il a été à ce qu'il est. Non, il se trompe parce qu'à vingt deux ans, sauf génie, on sait à peine écrire. Mais je comprends ce que Parain, savant ennemi de l'art et philosophe de la compassion, veut dire. Il veut dire, et il a raison, qu'il y a plus de véritable amour dans ces pages maladroites que dans toutes celles qui ont suivi.

Chaque artiste garde ainsi, au fond de lui, une source unique qui alimente pendant sa vie ce qu'il est et ce qu'il dit. Quand la source est tarie, on voit peu à peu l'oeuvre se racornir, se fendiller. Ce sont les terres ingrates de l'art que le courant invisible n'irrigue plus. Le cheveu devenu rare et sec, l'artiste, couvert de chaumes, est mûr pour le silence , ou les salons, qui reviennent au même. Pour moi, je sais que ma source est dans " L'Envers et l'Endroit ", dans ce monde de pauvreté et de lumière où j'ai longtemps vécu et dont le souvenir me préserve encore des deux dangers contraires qui menacent tout artiste, le ressentiment et la satisfaction.

La pauvreté, d'abord, n'a jamais été un malheur pour moi: la lumière y répandait ses richesses. Même mes révoltes en ont été éclairées. Elles furent presque toujours, je crois pouvoir le dire sans ticher, des révoltes pour tous, et pour que la vie de tous soit élevée dans la lumière. Il n'est pas sûr que mon coeur fût naturellement disposé à cette sorte d'amour. Mais les circonstances m'ont aidé. Pour corriger une indifférence naturelle, je fus placé à mi-distance de la misère et du soleil. La misère m'empêcha de croire que tout est bien sous le soleil et dans l'histoire; le soleil m'apprit que l'histoire n'est pas tout. Changer la vie, oui, mais non le monde dont je faisais ma divinité. C'est ainsi, sans doute, que j'abordai cette carrière inconfortable où je suis, m'engageant avec cette innocence sur un fil d'équilibre où j'avance péniblement, sans être sûr d'atteindre le but. Autrement dit, je devins un artiste, s'il est vrai qu'il n'est pas d'art sans refus ni sans consentement.

Dns tous les cas, la belle chaleur qui régnait sur mon enfance m'a privé de tout ressentiment. Je vivais dans la gêne, mais aussi dans une sorte de jouissance. Je me sentais des forces infinies : il fallait seulement leur trouver un point d'application. Ce n'était pas la pauvreté qui faisait obstacle à ces forces : en Afrique, la mer et le soleil ne coûtent rien. L'obstacle était plutôt dans les préjugés ou la bêtise.

J'avais là toutes les occasions de développer une " castillanerie " qui m'a fait bien du tort, que raille avec raison mon ami et mon maître Jean Grenier, et que j'ai essayé en vain de corriger, jusqu'au moment où j'ai compris qu'il y avait aussi une fatalité des natures. Il valait mieux alors accepter son propre orgueil et tâcher de le faire servir plutôt que de se donner, comme dit Chamfort, des principes plus forts que son caractère. Mais après m'être interrogé, je puis témoigner que, parmi mes nombreuses faiblesses, n'a jamais figuré le défaut le plus répandu parmi nous, je veux dire l'envie, véritable cancer des sociétés et des doctrines.

Le mérite de cette heureuse immunité ne me revient pas. Je la dois aux miens, d'abord, qui manquaient de presque tout et n'enviaient à peu près rien. Par son seul silence, sa réserve, sa fierté naturelle et sobre, cette famille, qui ne savait même pas lire, m'a donné alors mes plus hautes leçons, qui durent toujours. Et puis, j'étais moi-même trop occupé à sentir pour rêver d'autre chose.

Encore maintenant, quand je vois la vie d'une grande fortune à Paris, il y a de la compassion dans l'éloignement qu'elle m'inspire souvent. On trouve dans le monde beaucoup d'injustices, mais il en est une dont on ne parle jamais, qui est celle du climat. De cette injustice-là, j'ai été longtemps, sans le savoir, un des profiteurs. J'entends d'ici les accusations de nos féroces philanthropes, s'ils me lisaient. Je veux faire passer les ouvriers pour riches et les bourgeois pour pauvres, afin de conserver plus longtemps l'heureuse servitude des uns et la puissance des autres. Non, ce n'est pas cela. Au contraire, lorsque la pauvreté se conjugue avec cette vie sans ciel ni espoir qu'en arrivant à l'âge d'homme j'ai découverte dans les horribes faubourgs de nos villes, alors l'injustice dernière, et la plus révoltante est consommée : il faut tout faire, en effet, pour que ces hommes échappent à la double humiliation de la misère et de la laideur. Né pauvre, dans un quartier ouvrier, je ne savais pourtant pas ce qu'était le vrai malheur avant de connaître nos banlieues froides. Même l'extrême misère arabe ne peut s'y comparer, sous la différence des ciels. Mais une fois qu'on a connu les faubourgs industriels, on se sent à jamais souillé, je crois, et responsable de leur existence.

Ce que j'ai dit ne reste pas moins vrai. Je rencontre parfois des gens qui vivent au milieu de fortunes que je ne peux même pas imaginer. Il me faut cependant un effort pour comprendre qu'on puisse envier ces fortunes. Pendant huit jours, il y a longtemps, j'ai vécu comblé des biens de ce monde : nous dormions sans toit, sur une plage, je me nourrissais de fruits et je passais la moitié de mes journées dans une eau déserte. J'ai appris à cette époque une vérité qui m'a poussé à recevoir les signes du confort, ou de l'installation, avec ironie, impatience, et quelquefois avec fureur. Bien que je vive maintenant sans le souci du lendemain, donc en privilégié, je ne sais pas posséder. Ce que j'ai, et qui m'est toujours offert sans que je l'aie recherché, je ne puis rien en garder. Moins par prodigalité, il me semble, que par une sorte de parcimonie : je suis avare de cette liberté qui disparaît dès que commence l'excès des biens. Le plus grand des luxes n'a jamais cessé de coïncider pour moi avec un certain dénuement. J'aime la maison nue des Arabes ou des Espagnols. Le lieu où je préfère vivre et travailler ( et, chose rare, où il me serait égal de mourir ) est la chambre d'hôtel. Je n'ai jamais pu m'abandonner à ce qu'on appelle la vie d'intérieur ( qui est si souvent le contraire de la vie intérieure ) ; le bonheur dit bourgeois m'ennuie et m'effraie. Cette inaptitude n'a du reste rien de glorieux ; elle n'a pas peu contribué à alimenter mes mauvais défauts. Je n'envie rien, ce qui est mon droit, mais je ne pense pas toujours aux envies des autres et cela m'ôte de l'imagination, c'est à dire de la bonté. Il est vrai que je me suis fait une maxime pour mon usage personnel : " Il faut mettre ses principes dans les grandes choses, aux petites la miséricorde suffit. " Hélas ! on se fait des maximes pour combler les trous de sa propre nature. Chez moi, la miséricorde dont je parle s'appelle plutôt indifférence. Ses effets, on s'en doute, sont moins miraculeux.

Mais je veux seulement souligner que la pauvreté ne suppose pas forcément l'envie. Même plus tard, quand une grave maladie m'ôta provisoirement la force de vie qui, en moi, transfigurait tout, malgré les infirmités invisibles et les nouvelles faiblesses que j'y trouvais, je pus connaître la peur et le découragement, jamais l'amertume. Cette maladie sans doute ajoutait d'autres entraves, et les plus dures, à celles qui étaient déjà les miennes. Elle favorisait finalement cette liberté du coeur, cette légère distance à l'égard des intérêts humains qui m'a toujours préservé du ressentiment. Ce privilège, depuis que je vis à Paris, je sais qu'il est royal. Mais j'en ai joui sans limites ni remords et, jusqu'à présent du moins, il a éclairé toute ma vie.

(...)


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A CAMUS

Oeuvre de Slimane Ould Mohand

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Rédigé le 07/11/2009 à 18:21 dans Camus | Lien permanent | Commentaires (0)

Le contournement de Nadhor fait des mécontents

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Nadhor est une ville carrefour où se rejoignent les routes débouchant de Hadjout, Cherchell et de Tipaza. Elle est pourtant distante de moins de cinq kilomètres du chef-lieu de wilaya de Tipaza.


Cette ville possède une appellation homonyme de la célèbre cité marocaine de même nom, qui fut héritière des dynasties mérinides, almohades et alaouites. Les anciens locaux de la ville de Nadhor se complaisent à rêver et à lui trouver des origines andalouses. Devenue centre de passage et de transit obligé pour des milliers de transporteurs et de passagers, la ville de Nadhor s'impose déjà comme une ville à part entière, de par sa proximité avec la capitale, grâce à son principal axe routier, la RN n°11 qui la traversait de part en part, mais aussi de par ses vastes étendues agricoles, maraîchères et vitivinicoles. Le récent contournement du centre-ville a porté un coup fatal à son commerce, à son développement et à son expansion. En effet, la quasi-totalité des véhicules de transport provenant de Hadjout, Cherchell et Tipaza, qui empruntaient le centre-ville se trouvent contraints d'ignorer Nadhor de leur destination. Quelques-uns poussent leur insolence et leur arrogance, jusqu'à mépriser cette destination par une sélectivité dans le chargement des voyageurs routiers.

 Mr N.Ahmed nous confie : «Nous travaillons avec les passagers, notre commerce se meurt. On n'a pas tenu compte de nos aspirations dans ce projet». Mr Mohammed B. propriétaire d'un commerce, jadis florissant menace : «L'administration des impôts doit tenir compte de cette baisse d'activité et de ces aléas. La wilaya doit trouver un système de compensation pour nous permettre de profiter pleinement de la vente de nos produits durant les saisons estivales».

 Mais pourquoi donc cette décrépitude d'une ville jadis mise sous les feux de la rampe, qui s'est illustrée par un mouvement de foule, bloquant la circulation à l'aide de pneus brûlés et d'impressionnantes colonnes de fumée, traduisant le mécontentement et le désarroi de centaines de jeunes criant leur mal-vie. Cependant, force est de constater que l'exécutif de la wilaya de Tipaza, conscient de cette situation, s'est investi dans la réalisation de plusieurs projets sociaux d'envergure, à l'instar de la réalisation d'un complexe sportif de proximité d'une enveloppe de près de cinq milliards de centimes, d'une salle de sports au sein d'une école fondamentale d'une valeur de près de deux milliards et demi de centimes, de la réalisation d'un hôpital psychiatrique de 120 lits, générateur d'emplois et doté d'une enveloppe financière préliminaire de près de sept milliards de centimes ainsi que la réalisation de 40 logements sociaux participatifs composés de 16 F3 et de 14 F3. Toujours dans le domaine de l'habitat, 60 autres logements sociaux participatifs sont en cours de réalisation, ainsi que 40 logements sociaux locatifs en cours d'achèvement. Ainsi, cette commune est appelée à jouer un rôle commercial important dans cette contrée, pour peu que la vision urbanistique et économique de ses élus locaux allie adéquation sociale et économie. Il serait judicieux de préciser que Nadhor, cette bourgade située à quelques pas du chef-lieu de wilaya, Tipaza, fut le berceau qui a vu naître «Cheikh Nador», celui-là même qui fut loué et consacré par la célèbre chanson Chaabie «El-hamaâm» de Hadj M'hamed El-Anka. Dans ses célèbres couplets, notre chantre algérien de la chanson chaabie évoquait «le cheikh des Cheikhs» par des hommages appuyés où il se plaisait à répéter «Cheikh El-Nadhor, la raison et la cause de mon art et de mon chant». L'extension de la Wilaya de Tipasa a permis à Nadhor de bénéficier de projets faramineux, ayant contribué à la faire sortir de son anonymat. Les stratèges de la wilaya en urbanisme et développement ont certainement pensé aux projections économiques qu'il serait judicieux de planifier pour un développement commercial et économique durable au profit de cette ville.

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par Larbi Houari

Rédigé le 05/11/2009 à 06:48 dans Wilaya de Tipaza | Lien permanent | Commentaires (0)

Un portrait intellectuel d’Albert Camus,

 mort en pleine dispute politique sur la guerre d’Algérie

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Le 4 janvier 1960, une Facel Vega 3B blanche avec quatre personnes à bord s’écrase contre un platane de la nationale 5. Son plus célèbre passager, Albert Camus, est tué sur le coup. Il n’avait que quarante-sept ans. Dans sa sacoche on trouvera, entre autres, le manuscrit incomplet du Premier Homme et un billet de train pour Paris. La veille, l’éditeur Michel Gallimard, conducteur de la limousine, avait convaincu le prix Nobel de littérature (1957) de préférer la route au rail pour rallier en deux étapes la capitale depuis sa maison de vacances de Lourmarin dans le Luberon…

À la manière du film les Choses de la vie, José Lenzini, déjà auteur d’une remarquée Algérie de Camus (Edisud 1987), qui constitue pour lui un sujet de prédilection et de travail depuis plus de vingt ans, retrace en une centaine de pages finement ciselées racontant cette équipée automobile et gastronomique, le destin extraordinaire et très républicain du petit pied-noir devenu l’écrivain prodigieux que l’on sait. L’ancien journaliste au Monde, amoureux du Sud méditerranéen, restitue du même coup les doutes qui assaillaient à cette époque le philosophe humaniste rêvant d’une coexistence pacifique de Tipasa, à Bône (Bejaïa), entre colonisateur et colonisé. Mais aussi la passion pour le football et l’amour que portait à sa mère, analphabète, l’auteur de l’Homme révolté, vilipendé par Sartre qui, lui, refusa le Nobel.

Une mère qu’il choisirait toujours « avant la justice », ainsi qu’il le déclara, au cours d’une conférence de presse, en pleine guerre d’indépendance. Une prise de position le faisant, sans doute injustement, en tout cas hâtivement basculer dans le camp du tortionnaire qui lui valu d’être traité de « momie » ou de « petit penseur poli » par les moins virulents des critiques en vue de la presse parisienne. Les Temps modernes de Jeanson et l’Humanité de Wurmser n’étant pas en reste avec ce « renégat », Camus ayant été membre du PCF (de 1934 à 1937) et reporter, après guerre, à Alger républicain. C’est que la dispute politique et littéraire était féroce mais franche en ce temps-là – et d’une autre trempe que certaines bouffonneries médiatiques actuelles –, comme le sous-entend avec un brin de nostalgie José Lenzini dans cet essai biographique que tout étudiant devrait avoir dans sa bibliothèque.

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PHILIPPE JÉRÔME

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LES DERNIERS JOURS DE LA VIE D’ALBERT CAMUS, de José Lenzini.

Éditions Actes Sud, 2009, 144 pages, 16,50 euros.

Rédigé le 02/11/2009 à 23:41 dans Camus | Lien permanent | Commentaires (0)

Où en est le projet de transport maritime urbain ?


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Prévu de démarrer au mois de mars 2005, ce projet devait faire assurer le déplacement des passagers par la voie maritime entre Alger et les villes côtières de Bou-Ismaïl, Tipaza, Cherchell, Gouraya, Damous et Ténès. Baptisée « projet de Transport maritime Urbain de passagers », cette initiative avait pour mission de désengorger les villes côtières, et régler le problème du transport des passagers résidant sur l'ensemble du littoral côtier. Ce projet de transport maritime, initié par un groupe d'entreprises algériennes (EPAL, CNAN, GEMA,CPA et CAAT) dont la participation est de 60 %, fut lancé en partenariat avec des entreprises portugaises, dont la participation serait de 40 %. Ce sont les Portugais qui eurent la charge de piloter le projet, baptisé «ALGERIEN COAST TRAVELLER-ALCDT». Un protocole d'accord a été signé entre les deux parties actionnaires, le 21 juin 2004, sur la base d'un rapport de certification, d'un cahier des charges pour l'acquisition des bateaux et l'organisation de l'entreprise. Deux bateaux spécifiques à ce type de transport, devaient être acquis dans un premier temps. Ces bateaux de type « CATAMARAN » sont dotés d'une capacité de 400 places. Ils auront pour mission d'effectuer des navettes quotidiennes vers la côte ouest algérienne, avec comme base de départ Alger, vers El-Djamila, Bou-Haroun, Sidi Fredj, Tipaza jusqu'à Cherchell. Une autre navette quotidienne devra relier Alger, vers Tamentfoust, Dellys, jusqu'à Azzeffoun. Dans ce cadre, cinq gares maritimes furent prévues. Il s'agit d'Alger, Zemmouri, Dellys, Sidi Fredj et Tipaza. Le reste des gares maritimes devront être aménagées ultérieurement. Quels seront les tarifs pratiqués ? Une source proche du projet affirmera : « on fera tout pour que les prix soient alignés au moins sur ceux pratiqués par les transports routiers de voyageurs ». Comment se fera le financement de ce projet ? Le chef du Projet estime que « cela se décidera en assemblée générale, selon l'équilibre des actions acquises. Mais, à l'heure actuelle, les hypothèses probables de financement tendent vers un financement par les banques algériennes et l'Entreprise portugaise « TINITA », sachant que le Business plan a été étalé sur un moyen terme triennal ». Une logique d'économie de marché et de concurrence, dans ce type de transport, prédominera et s'installera, en vue de se positionner comme leader, dans le domaine. Est-ce que cette initiative permettra d'inciter les transporteurs routiers de voyageurs à améliorer leur prestation de service, en matière de confort et de disponibilité ? La question reste posée face aux impondérables de la fonction.

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par Larbi Houari

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Rédigé le 14/09/2009 à 12:05 | Lien permanent | Commentaires (0)

Mohammed (QSSSL)

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Histoire d’une vie hors du commun


Toutes les illustrations de ce dossier sont extraites du film Arrissala de Mustapha Akkad (1976), où le prophète n’apparaît jamais. (DR)

• Le prophète
• Le guerrier
• L’homme d’Etat


Janvier 2006. Des milliers de musulmans descendent dans les rues pour manifester contre le journal danois Jyllands-Posten, coupable d’avoir publié une série de caricatures du prophète Mohammed. A Damas, Islamabad ou Copenhague, l’indignation des manifestants est sincère et leur colère, parfois excessive, pouvait s’expliquer aisément : dessiner
leur prophète en le présentant comme un fanatique, un terroriste avec une bombe qui orne son turban, était perçu comme une provocation, une atteinte grave à leur foi. Le prophète Mohammed n’est pas un simple personnage historique. Il est le guide suprême d’une communauté spirituelle et le symbole sacré de la religion musulmane. Et si plus d’un milliard de personnes sont unies par une appartenance commune, un lien qui transcende les différences ethniques, linguistiques et culturelles, c’est grâce à cet homme. D’une petite bourgade au cœur de la péninsule arabique, il a répandu un message qui a changé la face du monde. Des califes et des princes ont régné sur d’immenses empires en se réclamant de son héritage et son nom est prononcé tous les jours dans les quatre coins de la planète.
Mais qui était donc Mohammed Ibn Abdallah? Comment un homme, qui se présentait comme “l’enfant d’une femme démunie de Quraych”, a-t-il pu fonder une formidable communauté religieuse et politique ? Et quelles étaient les qualités et les atouts qui l’ont mené à un destin aussi exceptionnel ?

Il était une fois l’Arabie
Selon un cliché très répandu, l’Arabie n’était qu’un vague désert intellectuel et spirituel avant que l’islam n’y soit révélé. Une terre isolée, déconnectée du monde extérieur et de ses convulsions. Le terme “Jahiliya”, qui désigne cette période, renforce l’idée d’ignorance et d’indigence spirituelle. Rien n’est pourtant plus faux que cette vision erronée de l’histoire. L’Arabie était certainement une terre aride, sans ressources naturelles, mais elle abritait d’importants centres d’échanges commerciaux, qui favorisaient la circulation des idées et des tendances culturelles et politiques des temps anciens. La Mecque, comme le rapporte d’ailleurs le Coran, était une ville de commerçants qui sillonnaient la terre avec des caravanes chargées de marchandises, pour approvisionner les marchés du Yémen, de Syrie et d’Irak. Ces déplacements permanents ont permis aux Arabes de fréquenter d’autres civilisations et de s’en imprégner. Les mots d’origine étrangère (persane, abyssine…) qu’on retrouve dans la langue arabe de l’époque, et même dans le Coran, attestent de ces échanges et de leur forte influence.
Sur un plan politique, les Arabes suivaient avec grand intérêt la rivalité entre les deux grandes puissances voisines de l’époque : l’empire byzantin à l’Ouest et le sassanide à l’Est. De petits royaumes arabes, en Syrie et en Irak, gravitaient comme des satellites autour des deux empires. Des armées composées de tribus arabes participaient également aux guerres qui opposaient les Byzantins chrétiens aux Sassanides perses. Une sourate du coran (Al-Roum) se fait même l’écho du conflit entre les deux géants et marque la sympathie des Musulmans pour les Byzantins.
Côté spirituel, les Arabes étaient pour la plupart polythéistes et vénéraient de multiples divinités à la fois, comme c’est le cas de la tribu de Quraych qui vivait à la Mecque. Mais le monothéisme n’était pas totalement absent. Certaines tribus arabes se sont converties au judaïsme, d’autres ont adopté le christianisme, tandis qu’une minorité, les “Hanifs”, observait un monothéisme qui se réclame d’Abraham, le patriarche, ancêtre des juifs et des Arabes. Parmi les plus célèbres Hanifs, on retrouve un certain Abdelmoutalib, grand-père du prophète de l’islam. Selon les historiens arabes, Abdelmoutlib ne reconnaissait pas les divinités adorées par son peuple, croyait à la résurrection et à l’au-delà, et se réfugiait pendant le mois de ramadan dans les montagnes proches de la Mecque pour la contemplation et la prière. On attribue d’ailleurs à Abdelmouatlib le forage du puits de Zamzam, pour abreuver les pèlerins.
Ainsi était donc l’Arabie. Divisée par les rivalités tribales, observant avec admiration et envie la puissance de ses voisins, et gardant encore le souvenir d’un ancêtre commun, le patriarche Abraham. Une Arabie qui attendait alors un grand homme capable de l’unifier et de répondre à ses aspirations politiques et spirituelles : Mohammed.

Et la lumière apparut
C’est à la Mecque, petite ville vénérée par les Arabes pour le sanctuaire d’Al Kaâ0ba, que Mohammed Ibn Abdallah est né, vers 570. Son père meurt quelques mois avant sa naissance, et sa mère Amina succombe à une fièvre soudaine en rentrant de Yathrib, l’ancien nom de Médine. Mohammed est âgé d’à peine six ans. L’enfant est pris en charge par son grand-père Abdelmoutalib, chef des Bani Hachim, un clan prestigieux et respecté mais pauvre et désargenté. Une grande rivalité oppose ce clan aux riches Bani Chams, dont sera issue, quelques décennies plus tard, la dynastie omeyyade. La rivalité entre ces deux clans est fondamentale pour comprendre l’hostilité et l’adversité que va subir Mohammed, pendant les premières années de l’islam. Abdelmoutalib couvre son petit-fils d’une grande affection et le préfère à ses autres enfants, en lui prédisant “un destin exceptionnel”. Les biographies traditionnelles du prophète Mohammed rapportent que c’est le mythique roi arabe, Sayf Ibn Dhi Yazan, qui a annoncé à Abdelmoutalib la gloire dont son petit-fils sera tôt ou tard auréolé.
Pendant sa jeunesse, Mohammed se démarque par son intelligence, son éloquence, mais surtout par sa grande rigueur morale. Les Quraychites le surnomment alors “Al Amin”, littéralement le secrétaire, celui qui inspire et mérite la confiance. La vertu et la morale sont placées par la suite au cœur de la religion dont il sera le fondateur. D’ailleurs, dans un célèbre Hadith, le prophète précise qu’il n’a été envoyé par Dieu que “pour parfaire et compléter les valeurs morales”. C’est pour ces qualités que Khadija Bint Khuwaylid, une riche commerçante divorcée, la quarantaine, choisit le jeune Mohammed, 25 ans, pour convoyer ses caravanes et s’occuper de ses biens. L’entente entre la fortunée négociante et son employé est si cordiale qu’elle se solde par un mariage. Khadija sera la confidente, le soutien et le témoin des premières heures de la révélation. Quelques années plus tard, Mohammed pleurera sa mort et son souvenir reste indélébile dans son cœur, au point d’irriter ses autres femmes et susciter leur jalousie.
Entouré d’une femme affectueuse et dévouée, d’une grande famille qui le respecte et le protège, et d’une tribu qui le tient en estime, Mohammed a tout pour mener une vie paisible, loin de toute turbulence. Mais quelque chose le trouble, le tourmente, le plonge dans le doute (sur le sens de sa vie et celle de son peuple). Son esprit est assailli de mille et une questions et son âme ne connaît pas la quiétude. La solitude lui devient ainsi chère. Le jeune homme s’isole pour passer de longues nuits, seul, à méditer dans la caverne de Hira. Une pratique observée d’ailleurs par son grand-père Abdelmoutalib, comme le rapportent plusieurs sources historiques. C’est, en toute logique, dans la caverne de Hira que Mohammed reçoit, dans un célèbre récit, la révélation de l’ange Gabriel et l’annonce du message qu’il doit transmettre au monde. Il a alors 40 ans.

Petite communauté, grandes ambitions
Pensant, dans un premier temps, être victime de visions inspirées par un démon, le messager ne s’en ouvre qu’à sa femme, Khadija, qui le réconforte et le soutient. Son désarroi s’accroît quand il cesse de recevoir la révélation pendant un certain temps. Il envisage même de se jeter du haut d’une montagne pour mettre fin à son inquiétude. Un verset vient, alors, le rassurer et lui confirmer que Dieu ne l’a pas abandonné. Mohammed commence donc à exposer son message à ses proches et aux membres de sa famille. Son ami Abou Bakr, son jeune cousin Ali et son serviteur Zayd sont les premiers à se convertir. Une nouvelle religion est née.
Le prophète élargit progressivement le cercle de sa prédication à d’autres franges de la population mecquoise. En dehors de ses proches, il attire les pauvres, les déshérités, les esclaves et quelques commerçants. Mais la nouvelle religion ne séduit pas encore l’aristocratie de La Mecque et ses notables.
Le caractère égalitariste du message porté par le prophète explique la conversion des pauvres et des esclaves à l’islam. Mohammed propose un nouveau modèle d’organisation sociale, révolutionnaire pour l’époque. Ce ne sont plus la noblesse des origines, la richesse et la puissance du clan qui confèrent à l’individu sa valeur et son rang social, mais plutôt l’intensité de sa foi et sa soumission à Dieu.
Anecdote : quand, des années plus tard, l’empereur byzantin Héraclès apprend que les compagnons de Mohammed sont des pauvres et des esclaves, il fait remarquer à ses interlocuteurs, en haussant les épaules, que tous les prophètes ont œuvré de la même manière : Moïse quittant l’Egypte avec son peuple juif humilié et Jésus entouré de déshérités. Cela nous renvoie à cette célèbre citation de Karl Marx, quelques siècles plus tard : “La religion, soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans cœur”.

Nul n’est prophète en son pays
D’abord indifférents, voire amusés, les Quraychites deviennent hostiles quand ils sentent le vent tourner. La petite communauté des musulmans s’est agrandie et la religion prônée par Mohammed Ibn Abdallah menace l’ordre économique et la hiérarchie sociale de la tribu. Exemple : les esclaves sont nombreux à rejoindre très vite l’islam, dans l’espoir de recouvrer leur liberté. Ce qui fera dire à leurs maîtres, les notables de La Mecque, que Mohammed corrompt considérablement les esprits et appelle au soulèvement, voire à l’anarchie.
Très forte, la rivalité entre les clans qui composent alors la tribu mecquoise explique également l’hostilité grandissante des Quraychites à l’égard du prophète. Le pouvoir était toujours fragmenté et éclaté entre les différents clans, qui se neutralisaient par de complexes jeux d’alliance. Il n’existait pas de chef unique et absolu dans la tribu de Quraych, mais des hommes puissants et influents qui se répartissaient le pouvoir et les tâches selon les besoins du moment. Se soumettre à Mohammed en tant que guide et lui prêter allégeance était, selon eux, une abdication et une manifestation d’infériorité. Abou Al Hakam Ibn Hicham, plus connu par le surnom d’Abou Jahl, explique ainsi son refus de rejoindre l’islam par la concurrence ancestrale entre son clan et celui du prophète, les Banou Hachim : “Avec les Banou Hachim, nous avons toujours été comme deux chevaux de course. Et comme nous sommes arrivés à égalité, ils nous disent maintenant : nous avons parmi nous un prophète. Pourquoi eux et pourquoi pas nous ?”.
La mort d’Abou Talib, oncle et protecteur du prophète, a enhardi ses adversaires, les incitant à harceler la faible communauté musulmane. Des fidèles, et notamment les esclaves parmi eux, sont torturés à mort pour abjurer leur nouvelle foi. Ils figurent ainsi parmi les premiers martyrs de l’islam. Mohammed lui-même ne sera pas épargné par la persécution : des Quraychites lui crachent au visage, d’autres lui jettent du sable sur la tête au moment de la prière. Un groupe de musulmans mené par Jaâfar, cousin du prophète, se refugie alors auprès du Négus, roi chrétien de l’Abyssinie (l’actuelle Ethiopie). L’idée de quitter La Mecque germe dans tous les esprits, y compris celui du prophète. L’exil, ou la Hijra, devient une nécessité. Mais pas n’importe où, ni n’importe comment.

Le pourquoi de l’exil
A 350 kilomètres de La Mecque se trouve Yathrib, une oasis où vivent des tribus arabes et juives. Le prophète n’est pas étranger à cette terre : sa grand-mère est originaire de l’une de ses tribus et son père y est enterré. Lors de la saison du pèlerinage à La Mecque, Mohammed rencontre un groupe de la tribu Khazraj, l’une des deux principales tribus de Yathrib. Il leur expose son message, lit des versets du Coran et les invite à se convertir. Le petit groupe de pèlerins est séduit par le message, qui leur rappelle la religion de leurs voisins juifs. De retour chez eux, ils font écho de la rencontre avec le prophète venu de La Mecque. Le contact entre le messager et les pèlerins de Yathrib va durer deux ans et se termine par une “islamisation” massive des habitants de la petite bourgade. La première communauté musulmane de La Mecque commence à prendre le chemin de l’exil vers la future Médine.
Après avoir épuisé toutes les options de dialogue pour convaincre son peuple de rallier son message, Mohammed décide de quitter à son tour sa Mecque natale pour rejoindre Yathrib. Nous sommes en l’an 622. Comme le note l’historien marocain Abdellah Laroui dans son dernier livre Tradition et modernité (Centre culturel arabe, 2009) : “L’exil ne peut signifier qu’une seule chose : la prédication ne suffit pas, le verbe n’ouvre pas le cœur de l’Homme, plus dur que la pierre. L’Homme est sourd, aveugle, obstiné, il fait un usage pervers de son libre arbitre”.
La nature des versets coraniques révélés à La Mecque témoigne des efforts consentis par le prophète pour convaincre Quraych. Le “Coran de La Mecque” est marqué par un appel constant à la contemplation, à l’introspection, à méditer sur les origines de l’homme et de sa création. Il fustige notamment la cupidité et l’arrogance de l’être humain qui le mènent à sa perte. On y retrouve peu de traces de dispositions juridiques ou politiques, contrairement aux versets révélés à Médine.
Quand Mohammed décide définitivement de prendre le chemin de l’exil, il est accompagné de son fidèle ami et disciple Abou Bakr. Une nouvelle histoire est inaugurée avec ce voyage, qui sera adopté par les musulmans, sous le calife Omar, comme début du calendrier musulman. Un choix qui reflète l’importance de l’exil de Mohammed dans l’histoire musulmane. Le temps de la patience et de l’endurance est révolu, pour laisser place à la construction effective d’un nouvel Etat musulman, rigoureusement organisé, sous la conduite du prophète.

Médine, une histoire politique
Dès son arrivé à Yathrib, ou Médine, le messager s’attelle rapidement à la fondation d’un nouvel ordre politique et social. Sa première décision est de construire une mosquée, destinée à devenir le centre névralgique de la future capitale de l’Etat musulman. La mosquée est alors une simple cour rectangulaire entourée d’un mur en pierres séchées. C’est ici que le prophète dirige la prière, reçoit les délégations, consulte ses compagnons pour les affaires de l’embryonnaire Etat musulman. Le modèle de Médine va exercer une grande influence sur l’architecture urbaine musulmane, toutes époques confondues, où la mosquée est le centre de la ville, regroupant autour d’elle toutes les activités économiques et politiques.
Le prophète fait preuve d’une fine intuition politique en fondant son Etat sur un nouveau lien : la fraternité spirituelle. Mohammed est conscient que le danger des clivages tribaux et claniques est fortement enraciné dans l’esprit de ses fidèles. Il l’a constaté amèrement à La Mecque et ne veut pas le revivre à Médine. D’autant plus que la communauté musulmane est un mélange composite de tribus médinoises, d’émigrés mecquois, et d’anciens esclaves d’origines multiples. Les différences et les susceptibilités sont telles, qu’un simple poème à la gloire d’une tribu, ou un mot de travers égratignant la dignité d’un clan, pouvait suffire pour ébranler tout l’édifice savamment construit.
Pour consolider les liens au sein de la fragile communauté musulmane, le prophète demande donc à ses fidèles de Médine, appelés Al Ansar, d’adopter (et de les considérer comme “frères”) les émigrés venant de la Mecque, baptisés Al Mouhajiroun. Chaque Médinois doit choisir un frère mecquois, à qui il porte aide et assistance. Des mariages vont se concrétiser entre les deux groupes, ainsi que des associations commerciales. Une sorte de “Constitution”, appelée Al Sahifa, est proposée par le prophète pour entériner le pacte de paix sociale entre les Médinois et les Mecquois.
Le prophète peut ainsi concentrer ses efforts sur de nouveaux objectifs, plus grands. “Mohamed a réussi assez rapidement à faire de Médine un bastion social, militaire et religieux bien solide. Il pouvait dès lors se concentrer sur son objectif véritable : instaurer dans la péninsule arabe un régime politique qui reposerait sur les principes de l’islam”, remarque le grand intellectuel iranien Ali Shariati, dans sa biographie du prophète (Mohammed de l’Hégire à la mort, Ed. Al Bouraq, 2007). Un islam offensif et dominant se profile à l’horizon.

Homme d’Etat, chef militaire
En comparant les histoires des différentes religions, Machiavel note que “les prophètes armés réussissent toujours, tandis que les prophètes désarmés échouent”. Le destin de Mohammed Ibn Abdallah confirme le constat du penseur florentin. Après plus de treize ans de prédication, de dialogue et de patience avec les Quraychites, le prophète recourt, obligé, aux armes pour propager son message et asseoir les fondements de l’Etat musulman.
En fait, l’objectif de construire un Etat, regroupant les Arabes sous la bannière de l’islam, a toujours été présent chez Mohammed, même aux pires des moments, quand cela semblait proprement impossible. A ce propos, les biographes du prophète rapportent l’anecdote suivante, qui s’est déroulée à La Mecque, peu avant l’Hégire : Abou Talib, oncle du prophète, a organisé une rencontre pour réconcilier les notables de Quraych avec son neveu Mohammed. Ce dernier interpelle ses interlocuteurs en leur disant : “Donnez-moi une parole seulement. Avec elle, vous dominerez les Arabes et les étrangers vous obéiront”. Quand les Quraychites lui demandent la nature de cette parole, il leur répond : “Dites seulement, il n’y a d’autres dieux qu’Allah, et abandonnez les divinités que vous adorez”. Les aristocrates quraychites refusent l’offre du prophète, qui ne désespère pas, pour autant, de voir un Etat musulman naître et s’étendre.
A la tête d’une petite armée d’une centaine de fantassins et quelques cavaliers, le prophète dirige ses premières attaques militaires contre les caravanes mecquoises. L’objectif est double : déséquilibrer l’économie de Quraych, qui repose sur le commerce avec les régions voisines, et renflouer la maigre trésorerie de Médine. La situation matérielle des musulmans qui ont émigré de La Mecque reste précaire, malgré la solidarité des Médinois.
Le temps est à la guerre. Inévitable. La jeune armée musulmane remporte une victoire éclatante à Badr, subit une défaite douloureuse à Ouhoud, recourt à la ruse et à la stratégie militaire inspirée des Perses dans la bataille de la tranchée (Al Khandaq). Dans la foulée, le prophète envoie des expéditions contre les tribus voisines qui refusent d’embrasser l’islam ou de se soumettre à son autorité. Petit à petit, la puissance militaire musulmane s’affirme. Au point que les armées de Mohammed, fortes de dizaines de milliers de combattants, sont prêtes pour la grande bataille, celle qui va définitivement faire basculer l’histoire : la conquête de la Mecque.

“Partez, vous êtes libres !”
Au mois de ramadan de l’an 8 de l’Hégire, le prophète convoque ses hommes. Dix mille combattants armés et disciplinés sont réunis à Médine, en attendant les ordres de leur chef. La destination de l’expédition est longtemps tenue secrète et seuls quelques compagnons du prophète sont mis dans la confidence. Après des jours de marche, l’armée musulmane se retrouve sur le chemin qui mène à La Mecque et le prophète annonce, publiquement, le but de la mission : s’emparer de la ville sainte, vénérée par tous les Arabes.
Les musulmans campent à quelques kilomètres de la ville et allument, la nuit venue, dix mille feux pour intimider leurs ennemis. La démonstration de force fait mouche et les Quraychites comprennent qu’une bataille contre une force aussi nombreuse et galvanisée est perdue d’avance. L’armée musulmane s’enfonce ainsi dans l’antique ville sans rencontrer la moindre résistance. Les rues sont vides et les habitants de La Mecque restent cloîtrés chez eux, comme l’a exigé le prophète, pour éviter toute effusion de sang. La victoire est nette et sans bavure.
Après avoir été banni, humilié, battu, affamé, Mohammed revient à sa terre natale, conquérant et victorieux. Il tourne autour de la Kaâba et détruit, l’une après l’autre, les quelque 63 divinités et idoles qui jalonnent le sanctuaire. Le geste est hautement symbolique : La Mecque redevient une terre monothéiste, et le messager fait revivre le souvenir et l’âme d’Abraham, l’ancêtre des Arabes et le fondateur de la Kaâba.
Le prophète demande par la suite aux Mecquois de sortir de leurs maisons et les réunit dans une grande place. Il regarde la foule terrifiée à l’idée de subir une terrible sentence. Mohammed, calme et serein, reconnaît des hommes et des femmes qui l’ont persécuté et opprimé lors des premières années de l’islam. Dans un geste magistral de clémence et de mansuétude, il leur annonce : “Partez, vous êtes libres !”. Pas de représailles, ni de vengeance. Dans son élan, le prophète pardonne même à un homme qui avait pourtant juré de le tuer, et qui avait poursuivi Zaynab, fille de Mohammed, alors qu’elle fuyait la Mecque, la blessant avec sa lance. Zaynab était enceinte, elle avait perdu du coup son enfant...

L’ultime voyage
Après son triomphe, Mohammed choisit de demeurer à La Mecque avant de retourner, quelques semaines plus tard, à Médine, sa capitale et sa ville d’adoption. Le prophète assoit définitivement son pouvoir spirituel et politique dans l’Arabie musulmane. Le noyau d’une communauté religieuse a donné naissance à un Etat musulman, qu’il a fondé et porté avec une poignée d’irréductibles fidèles. Mission accomplie.
En l’an 10 de l’Hégire, Mohammed entreprend son dernier voyage et ultime visite à La Mecque. “Le pèlerinage des adieux”, comme l’appellent les historiens musulmans. Le messager y livre un célèbre sermon, bijou de la rhétorique arabe, et véritable testament, où il prépare les musulmans à sa disparition. “Aujourd'hui, j'ai parachevé votre religion, accompli sur vous mon bienfait et j’ai agréé pour vous l'islam comme religion” est le verset coranique révélé lors de ce dernier pèlerinage. C’est la fin d’une épopée, mais aussi la naissance d’une nouvelle ère, où les musulmans, désormais constitués et rassemblés, sont appelés à se prendre eux-mêmes en charge.
Quelques mois après le pèlerinage, le prophète tombe malade. Ses jambes ne le portent plus, il a de la fièvre et demande à être transporté chez sa femme Aïcha. Le messager n’a pas de maison propre, il passe les nuits chez ses épouses, dont les demeures sont attenantes à la mosquée de Médine. Le prophète reste ainsi cloué au lit pendant plusieurs jours et ne peut plus diriger la prière. Une fonction qu’il confie à son fidèle Abou Bakr, ce qui sera interprété comme un signe de succession et de passage de témoin au premier calife de l’islam.
Le lundi 13 Rabii 1er de l’an 11, correspondant au 8 juin 632, Mohammed Ibn Abdallah meurt, à l’âge de 62 ans, la tête posée sur le genou de sa femme Aïcha. Comme l’écrit Maxime Rodinson, dans une célèbre biographie (Mahomet, Ed. Seuil, 1994). “Ce n’en était pas fini du prophète de l’islam… Sa vie est terminée, sa grandeur commence à peine”. Le devoir accompli, le message transmis, l’homme, unanimement décrit comme “humble, simple, d’une grande rigueur morale”, s’en est allé définitivement, léguant au monde musulman une religion, une organisation, un Etat.

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Rédigé le 13/09/2009 à 22:19 dans Islam | Lien permanent | Commentaires (0)

Ali El-Hadj Tahar un enfant de Tipaza

Encyclopédie de la poésie algérienne de langue française

Vente-dédicace le 11 septembre à Chéraga

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 Le journaliste, peintre et poète, Ali El-Hadj Tahar, dédicacera demain vendredi son dernier ouvrage, intitulé “Encyclopédie de la poésie algérienne de langue française, 1930-2008, 157 poètes” (éditions Dalimen, Alger 2009), à la librairie Point-Virgule, à Chéraga, à partir de 21h.

L’enfant de Tipasa, qui se revendique de la culture mondiale et de la modernité, a conçu cette encyclopédie depuis 1997. Aujourd’hui, celle-ci est structurée en deux tomes de plus de 400 pages chacun et regroupe 157 poètes de graphie française. On retrouve notamment Jean Amrouche, Kateb Yacine, Mohamed Dib, Jean Sénac, Tahar Djaout et Rachid Boudjedra. Ali El-Hadj Tahar a, en fait, essayé de représenter le plus d’auteurs possibles. 

Grâce à ses recherches et à ses contacts, il est arrivé à réunir les textes de ces poètes, en intégrant ceux qui sont apparus durant la dernière décennie. Les journalistes ne sont pas du reste oubliés : Arezki Metref, Abrous Outoudert, Youcef Zirem, etc.

Dans son introduction, l’auteur laisse entendre qu’à travers cette encyclopédie, c’est la réhabilitation des “auteurs dont l’œuvre a été marginalisée — sciemment ou pas — ou qui est passée inaperçue”, qui est avant tout recherchée. Son livre a beaucoup de mérite, parce qu’il nous fait découvrir de nouvelles voix et qu’il “assume le choix d’accorder plus d’importance à ces poètes inconnus qu’à ceux que le hasard a établi dans le registre des modes”. L’Algérie a-t-elle une expression plus puissante que sa poésie ? se demande El-Hadj Tahar, en notant que la poésie algérienne, qu’elle soit d’expression arabe, française ou berbère, “ne baisse pas l’échine ni ne désespère ou démissionne, en dépit des privations, des souffrances, des injustices et de la mort”.

En initiant cette encyclopédie, notre confrère veut montrer que l’histoire de la poésie algérienne a été travestie, consciemment ou involontairement. Son ouvrage prend ainsi la liberté de remettre certaines questions reçues, “en assumant le risque de l’erreur”.

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Rédigé le 10/09/2009 à 20:13 dans Poésie/Littérature | Lien permanent | Commentaires (0)

JEAN SENAC ET TAHAR DJAOUT

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Un homme beau est mort qui signait d'un soleil
il s'appelait Sénac
Jean Sénac

un homme beau est mort qui signait d'une rose
il s'appelait Djaout
Tahar Djaout

depuis toute leur enfance est morte pour le monde...

sous l'amandier nomade
ils venaient tous les deux
à l'eau du soir blessée
ils ramassaient les ombres
pour en faire des pétales

toujours l'inespéré accompagnait leurs pas

toujours dans leur maison
on partageait le pain
toujours dans leur maison
on partageait le sel
et la douce patience qui tremble au bord des larmes...

les amandiers sont morts de leurs blessures...

et la mort en grand nombre a frappé en vingt ans!

hier c'était Sénac aujourd'hui c'est Djaout
assassinés chez eux par les mêmes tueurs
pour avoir cru ensemble à une même Terre
de toutes les couleurs
pour avoir cru ensemble à une même Terre
de toutes les douleurs

hier c'était Sénac aujourd'hui c'est Djaout
assassinés chez eux par les mêmes tueurs
sur cette même Terre de toutes les splendeurs...

assassinés chez eux en des temps différents
et semblables pourtant...

deux hommes beaux sont morts
tous deux enfants d'orages
et deux frères pourtant

deux hommes beaux sont morts qui signent d'un Silence..
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TRISTAN CABRAL


Image IPB

Rédigé le 05/09/2009 à 02:01 dans Politique, Poésie/Littérature | Lien permanent | Commentaires (0)

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