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Mustapha Madi

de quel Camus s’agit-il ? – Et ici faisons abstraction de l’homme de lettres, ce n’est pas de cela qu’il est question. Quel Camus ? Celui dont les positions à l’égard de nous, Algériens, étaient en tous points conformes à celles des défenseurs de l’Algérie française. Car, convenez-en – ou relisez mieux les écrits de Camus – le prix Nobel de littérature 1957 ne concevait, en fait de relation entre les deux communautés qui se partageaient (bien inégalement) l’Algérie, à savoir les « arabes », pour reprendre son appellation, et les autres, il n’en préconisait l’amélioration que sous la forme d’un meilleur traitement à obtenir du colonisateur en faveur de ses colonisés. Contrairement à des intellectuels entiers et engagés comme Francis Jeanson, André Mandouze, les Chaulet et tant d’autres qui ont dénoncé l’anachronisme que représentait le système colonial et pris résolument parti pour l’émancipation du peule algérien, Camus, le Nobel de qui les Algériens attendaient que s’élève une voix qui porte, se limitait à appeler à une coexistence paisible des « arabes » et des siens à l’ombre de la bannière coloniale française… Non, il fallait alerter l’opinion sur cette singulière célébration initiée par un lobby à des fins pour le moins discutables.
Pourquoi pas Jean Sénac, qui fut son disciple avant la rupture avec son maître suite au refus de ce dernier d’écrire un article comme il le lui demandait pour dénoncer la condamnation de mort d’Amara Rachid ? Sénac, c’est ce poète algérien qui a revendiqué une Algérie berbère-arabe et musulmane et qui a chanté si haut la lutte révolutionnaire de notre peuple algérien… Pas seulement lui, d’ailleurs. Il y a eu tant de plumes françaises à le faire. Il est presque risible – mais faut-il en rire – d’entendre l’un des initiateurs de la caravane proclamer qu’avec Camus, la littérature algérienne a eu son prix Nobel (sic)! Rien que ça, et no comment.
ce n’est pas du Camus homme de lettres qu’il s’agit. Ceux qui ont initié ce carnaval ne s’en sont pas préoccupés, croyez-moi. Car le Camus écrivain n’est pas en mal de réhabilitation. Ses œuvres ont toujours eu leur place dans nos librairies, nos bibliothèques et nos manuels scolaires. Non ce qui les intéressait, c’était, à travers Camus et à la faveur de l’anniversaire de sa mort qui, en France, a donné lieu à un autre débat, donner aux Algériens de 2010 une image de l’Algérie coloniale lavée de toute la noirceur que décrit notre discours national. Ce qui est visé ici, c’est la réhabilitation du projet colonial dont Camus revendiquait seulement une rationalisation. Relisez donc « La misère de la Kabylie » ! Pensez-vous que Camus était assez naïf pour nourrir la conviction qu’un meilleur traitement du colonisé soit de nature à légitimer la présence coloniale ? En déplorant le sort fait aux populations, il se souciait davantage de la grandeur de la France coloniale que de sa raison de se maintenir en tant que colonisateur en Algérie.
Je vous renvoie aux écrits de Kateb Yacine, de Malek Haddad, de Mostefa Lacheraf, de Mouloud Mammeri, de Mouloud Feraoun, de Jean El-Mouhoub Amrouche, de Frantz Fanon… et la liste est longue. Relisez… Camus. C’était un grand écrivain français. Et dans certains de ses livres, il y avait des arabes, comme celui que Meursault a flingué dans « L’Etranger ».

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