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Marc Boronad

Où avez-vous trouvé toutes ces belles photos ?
Dites-moi ?

Marc Boronad

Je suis l'auteur du blog d'où les photos de Tipasa que vous venez de voir sont extraites. Il y a encore des photos. Voici l'adresse de mon blog : http://alger-souvenirs.skyrock.com
Je vous attends.

ben


Souvenirs, souvenirs !

Je me souviens de cette sortie ou longue promenade du printemps à Tipasa. C'était en 1956 ou 1957. Nous étions partis d'Alger tôt le matin et c'est Jean-Claude qui conduisait. Nous étions quatre copains dans la voiture et c'est moi, le plus passionné, qui racontais Tipasa : Ville phénicienne puis romaine qui gardait de nombreux vestiges du passé.
La route : la Pointe-Pescade, les Bains-Romains, le cap Caxine, Guyotville, Staouéli, Zéralda, Daouda, Fouka, Castiglione, Chiffalo, Bou Aroun, Bérard et ses merveilleux platanes aux deux bords de la route et Tipasa. Tant de noms que je prends plaisir à récrire.

Jean-Claude avait garé la voiture à l'ombre, près des ruines. Le printemps est précoce en Algérie et les fleurs envahissaient les jardins. Dans les champs, des pêchers roses et des amandiers tout blancs tendaient leurs branches couvertes de fleurs vers le ciel neuf. Des géraniums généreux illuminaient les jardins ou les bords des fenêtres, les premières roses commençaient à s'épanouir et des capucines qui vibraient dans des tons chatoyants, grimpaient au grillage des clôtures où sur les barrières de roseaux secs. Nous avons emprunté la route qui mène au port, celle qui passe devant le musée.
Le port, j'en garde encore l' image distincte. Sur le bord, des pêcheurs avaient étendu leurs filets. Nous hésitâmes un instant pour passer puis marchâmes dessus puisqu'il n'y avait pas de d'autre solution. Je suis allé au bout de la jetée, me suis assis sur le bord, les jambes pendantes. L'eau était limpide. Je fixais le fond où des petits poissons glissaient. J'étais incapable de les identifier. Le soleil me brûlait la nuque. J'étais bien. Enfant, lorsque j'étais malade, ma mère me disait : « Ne pense à rien. Essaye de dormir ». A ce moment, sur le port de Tipasa, ai-je peut-être appris à ne plus avoir de pensées ? Des garçons bruyants arrivèrent en groupe, posèrent leurs serviettes et plongèrent l'un après l'autre en parodiant les vrais plongeurs.
Nous marchâmes un moment sur la route ardente de soleil jusqu'à l'hôtel du Rivage, montâmes les petits escaliers de pierres usés et arrivâmes aux ruines assaillies d'herbes et de petites fleurs. J'imaginais les maisons, les places, les temples et je m'engageais dans les bosquets, cueillais des feuilles d'absinthe et les écrasais entre mes doigts pour jouer à Albert Camus. Sans lui, sans
« ses » Noces, aurai-je aimé Tipasa comme je l'ai aimé ? Camus est passé au milieu des ruines, s'est roulé dans les absinthes plus de vingt ans avant moi et il avait du talent.
Nous sommes arrivés à la Chapelle Judiciaire et puis au Forum. A gauche le Chenoua et j'ai fait remarquer que Camus voyait la masse noire du Chenoua qui allait s'accroupir dans la mer. Mon petit commentaire est tombé dans le vide. La chaleur nous brûlait les yeux. Sous la lumière éblouissante de midi, là-bas, un parterre de mosaïque prenait par moment des reflets gorge de pigeon. Nous avons allumé une cigarette.
Je ne sais pas, je ne sais plus à quel moment nous sommes arrivés au nymphée, le beau répartiteur d'eau de la ville. Jamais de visite à Tipasa sans voir et revoir le nymphée.
Je ne discerne plus le chemin que nous avions emprunté (je revois, me semble-t-il, une route bordée de bellombras) pour retrouver le village. Nous nous sommes arrêtés au premier café pour nous désaltérer. Nous avons bu nos sodas au comptoir, d'un trait, puis savourant l'ombre et les yeux mi-clos, nous avons épuisé nos pièces de monnaie (c'était des pièces de vingt francs –d'anciens francs-) dans la machine à disque.

.

par Marc Boronad

souidi

Ben,
c´est vrai que dans l´exil le souvenir de notre soleil et sa lumiere eclatante et cette mer qui fut une douce mere aide a surmonter les coups de blues et attenue la melancolie de la nostalgie.
Merci pour les merveilleuses photos de notre"TIPAZA" ou nous avons passe des moments exceptionnels et inoubliables et les souvenirs imperissables de BAZAR sont graves a jamais dans ma memoire.Merci aussi pour notre"CAMUS".
Amicalement

ben

Ma soeur Anne,

Vous avez bien vu ! :)

Cette Algérie dont Camus disait qu’elle lui avait offert le plus beau cadeau : grâce au soleil, à la lumière et à la mer il ne s'y était jamais senti vraiment pauvre.

Je crois que toute l'enfance, l’adolescence, la vie d’homme de Camus, et son œuvre, sont influencées par le soleil et la mer!

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Anne

Le jardin de ruines est toujours le même, aussi magnifique, et encore plus important... car des vestiges ont été mis à jour après Camus. Le décor aussi prenant... entre le bleu de la mer, l'or des pierres et la luxuriance de la végétation. Mais la Tipasa!!! Camus aurait-il reconnu le petit village de pêcheurs qu'était Tipasa ? Il a bien grandi,le petit!
Les cabanons de la plage de Matares ont aussi disparu depuis bien longtemps!Mais le parfum de la mer, du sable, reste toujours le même... nous l'avons retrouvé intact, comme nulle part ailleurs au bord de la même mer (de l'autre côté)...
la photo ci-dessus nous rappelle de bien bons moments...
Amitiés
La mer, à Tipaza, elle est bleue, mais bleue....

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