Ma Photo

« Les Sisyphe | Accueil | MARENGO / HADJOUT FORUM »

Commentaires

Flux Vous pouvez suivre cette conversation en vous abonnant au flux des commentaires de cette note.

Dawn

Merci bcp pour toutes ces précisions.

Je comprends désormais mieux les raisons sous-jacentes aux propos qui m'avaient interpellé : J.Steinbeck, malgré son parcours et la puissance de son oeuvre, fut atteint par un certain conservatisme à la fin de sa vie.

Soutenir la guerre au Vietnam... C'est particulièrement terrible de découvrir cela lorsque l'on relit certains passages de ses oeuvres les plus célèbres.
La descritpion de l'entrée en guerre des Etats-UNis en 1917, à la fin de "A l'Est d'Eden", est tellement incompatible avec ses engagements ultérieurs...
Il y décrit des américains prétentieux et surs de leur supériorité (convaincus qu'un américain valait 20 soldats allemands !), puis effarés devant la tournure des combats - ce qui n'est pas sans rappeler de futures guerres engagées par ce meme Etat, dans le Golfe, mais surtout au Vietnam !

Quant au soutien apporté à un homme au passé nazi... on a vu malheureusement d'autres personnalités a priori estimables tomber dans les memes travers à la fin de leur vie (ou au début de leur sénilité ?) : l'abbé Pierre, R. Barre soutenant Gollnisch, etc.

En vous remerciant encore pour toutes ces précisions.

Dawn

ben

Souidi,

Tu as totalement raison,

Il faut séparer les deux auteurs :

Enfin, comble d’ironie, des prix Nobel sont attribués à des personnes qui

1 - se trouvent avoir un passé nazi comme Gunter Grass prix Nobel 1999

2- ou encore John Steinbeck (prix Nobel de Littérature 1960) chantre le plus engagé pour la guerre au Vietnam.


Il y a juste une erreur, le Nobel lui a été attribué en 1962 et en 1960, il a soutenu Lyndon Johnson pour la guerre au Vietnam.

Merci.

ben

Dawn RE,

Voici ce qu'écrivait un journal algérien au sujet de Steibeck :

Un écrivain dans l’impasse de l’idéologie

Au milieu des années 1960, l’Amérique est empêtrée dans un conflit armé au Vietnam. Devant la réprobation de l’opinion mondiale, le président Lyndon Johnson accentue l’engagement guerrier de son pays et ordonne des bombardements encore plus intensifs.

Un homme lui apporte publiquement son soutien. Aussi invraisemblable que cela puisse paraître à l’époque, il s’agit de John Steinbeck, prix Nobel de littérature en 1962, immense écrivain, dont l’œuvre était unanimement admirée pour ses vertus humanistes. Qui ne connaissait pas son sublime roman, Les Raisins de la colère, Des Souris et des hommes ou A L’Est d’Eden ? Steinbeck, pour ses innombrables admirateurs, incarnait le symbole de l’intellectuel américain qui avait su dénoncer les méfaits du capitalisme en lui opposant l’incorruptible dignité de l’homme. Roman d’une première force, Les Raisins de la colère, c’est un peu Germinal en Oklahoma, et Steinbeck a les accents d’un Emile Zola pour décrire le combat pour la vie des Américains que la récession économique de la fin des années 1920 a précipité. Il a presque un air de famille entre le Tom Joad de Steinbeck et le Claude Lantier de Zola. Les Raisins de la colère, il ne faut pas s’y tromper, n’est pas un pensum idéologique, c’est réellement l’un des chefs-d’œuvre de la littérature mondiale, toutes périodes confondues. Steinbeck a articulé cet épais roman en courts chapitres dans lesquels il se montre un connaisseur de l’Amérique et du caractère américain. Le roman se concilie tous les lecteurs, car il y entre aussi une part de substrat religieux. En témoigne ce chapitre final où la jeune Joad, qui a perdu son bébé, donne le sein à un vieillard, dont la vie ne tenait qu’à un fil. Cette puissance du message humaniste de l’écrivain l’avait placé dans la lignée des grands auteurs. Et c’est ce même John Steinbeck, qui non seulement applaudit Johnson lorsqu’il bombarde le Vietnam, mais paye de sa personne en s’engageant comme reporter de guerre pour le compte du New York Herald Tribune. Etait-il comme Albert Camus qui à choisir entre sa mère et la justice déclarait choisir sa mère ? Steinbeck choisissant, lui, son fils. Ce revirement, de la part du grand romancier américain, était idéologiquement marqué et les prémices étaient déjà signalées lorsqu’il recevait une distinction honorifique de la part du président Lyndon Johnson. Qu’avait donc besoin Steinbeck de la reconnaissance de l’establishment politique américain lui qui pouvait se suffire à bon droit des honneurs dont l’entourait la planète des Lettres ? Lui, l’iconoclaste dont les livres avaient été censurés dans nombres d’Etats américains, ou carrément brûlés en Oklahoma, se trouvait dans la posture du supplétif des chefs de guerre de la Maison-Blanche et du Pentagone. Quelle était donc la motivation profonde qui poussait Steinbeck à un tel déni de son aura personnelle ?

En quoi, cependant, la personnalité de Lyndon Baines Johnson, le président des Etats-Unis, avait subjugué le romancier au point qu’il change brutalement de cap ? Comment un grand esprit comme lui pouvait-il accepter que les Vietnamiens tombent sous le pilonnage des bombardiers américains ? Une chose était évidente à ce moment-là : Steinbeck le progressiste avait basculé dans le camp de ces mêmes conservateurs qui l’avaient voué, quelques années plus tôt, aux gémonies. C’était lorsque Steinbeck avait pris position contre la chasse aux sorcières et que son œuvre littéraire le désignait comme un écrivain d’essence socialiste. On ne connaît pourtant pas à Steinbeck un engagement directement partisan, et il n’était certainement pas affilié au parti communiste américain comme la rumeur avait couru dans les rangs de ses adversaires. steinbeck n’avait jamais milité que pour l’écriture.

.....

Steinbeck, dans Les Raisins de la colère, se montre supérieur à Erskine Caldwell qui se contentait de décrire la misère comme une simple fatalité. Que d’audace, que de clairvoyance dans ce roman qui est aujourd’hui encore un incontestable classique de la littérature universelle. Parce que il faut faire la part des choses : l’implication, à contre-sens de John Steinbeck dans le conflit du Vietnam, ne disqualifie pas son œuvre si fortement indicative d’une époque sans doute pas aussi révolue qu’on peut le croire.

http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=21806

souidi

C´est Günter Grass qui avait un passe nazi(SS) et non John Steinbeck qui lui avait apporte son soutien a l´administration US pour la guerre du Vietnam.C´est ce que le Pr.Chems Eddine Chitour a bien souligne.Il ne s´agit peut-etre que d´une( mal)intrepretation.
Amicalement

Dawn

Bien vu pour l'année 1962 - et non 1960 comme indiqué - qui n'avait pas retenu mon attention.

Après qq recherches, il semblerait que Steinbeck ait été, à l'inverse, taxé de sympatisant communiste et meme, selon certaines sources à vérifier, mis sur la black-list lors du Maccarthysme.

La lecture de ses ouvrages les plus célèbres (Les Raisins, En un combat douteux, etc.) emporte d'ailleurs une certaine conviction à ce sujet.

Merci d'avoir relevé ce post ; je serai curieuse de connaitre les explications.

Bien à vous
Dawn

ben

Dawn,

Merci d'avoir relevé cette bourde du Pr Chems Eddine CHITOUR, l'année 1960 ne correspond pas aussi.

Va falloir récuperer l'adresse du Pr en quéstion pour l'en aviser et lui demander des explications.

Merci encore pour votre vigilance.

ben

Dawn

"Enfin, comble d’ironie, des prix Nobel sont attribués à des personnes qui se trouvent avoir un passé nazi comme (...) John Steinbeck".

Je suis tres surprise de ces propos sur cet auteur, sur lequel je n'avais jamais rien lu de tel...

Sans remettre en cause votre affirmation (je ne connais pas beaucoup Steinbeck), je serai curieuse d'en connaitre les raisons.

Pourriez nous expliquer ce point ?

Merci d'avance

Vérifiez votre commentaire

Aperçu de votre commentaire

Ceci est un essai. Votre commentaire n'a pas encore été déposé.

En cours...
Votre commentaire n'a pas été déposé. Type d'erreur:
Votre commentaire a été enregistré. Poster un autre commentaire

Le code de confirmation que vous avez saisi ne correspond pas. Merci de recommencer.

Pour poster votre commentaire l'étape finale consiste à saisir exactement les lettres et chiffres que vous voyez sur l'image ci-dessous. Ceci permet de lutter contre les spams automatisés.

Difficile à lire? Voir un autre code.

En cours...

Poster un commentaire

Vos informations

(Le nom et l'adresse email sont obligatoires. L'adresse email ne sera pas affichée avec le commentaire.)