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Ben


Pour progresser et vivre librement dans la dignité, il fallait pour les hérauts de la nouvelle jeunesse en priorité, libérer la parole celle-ci restée confinée aux frontières d’une marge opérationnelle, très réduite, sur tous les sujets : les droits, les libertés, l’instruction… éléments clés du progrès. Ainsi, dans sa dynamique, il lui fallait commencer par faire le choix celui de créer ses propres espaces de débats et d’identification et de liberté en mode in associations libres, cercles ou ‘’Nadis’’ sous l’influence des courants modernistes en agitation notamment en Turquie. Associés à différents courants idéologiques, ils étaient devenus les lieux de cristallisation de la parole et des premières expériences politiques. Partout les Jeunes d’où le paradigme ‘’Jeunes–Turcs’’ partageaient la même vision du monde.
Ces espaces d’émergence ou ‘’Nadis’’ , ont, au tournant du XXe siècle, laborieusement réussi à changer la société inventant une forme particulière de démocratie, une histoire qui aurait pu se continer. Ils furent créés sur une base politique et culturelle au moment où les élites qui, avec un certain esprit cartésien, commençaient à se poser des questions sur leur isolement. Les Jeunes ne pouvaient continuer longtemps à se satisfaire de leur rôle passif. De ce fait, ils commençaient à faire évoluer, d’un certain point de vue, l’activité du circuit ancestral des ‘’Masriyate’’ , ses îlots au cœur de chaque quartier de la vieille médina ou l’on s’y réfugiait entre soi offrant traditionnellement le cadre de rencontres où le moindre fait du jour, la moindre parole est traquée, le soir, à l’instar de ces autres lieux mythiques : les ‘’fondouks’’ et les petites sociétés de groupe dans les cafés. Ces cercles du temps vont alors abriter, au départ, la naissance de nombreux cercles ou ''Nadis'' où sont forgées les nouvelles convictions de la jeunesse. Ils ont servi d’espaces à la montée des ‘’Jeunes’’, acteurs de la nouvelle mutation entrés en scène, s’imposant comme des modèles dans le contexte particulier de l’époque. Ils y vont également fleurir dans d’autres villes devenant un fait de société. C’est dans cet esprit que vont alors se multiplier ces ‘’safe spaces community’’, indéfectibles creusets des élites, animés par des personnalités de la scène culturelle, dont le relais joua un rôle décisif dans la conscientisation et à la propagation du nationalisme avec des voix qui s’élevèrent dans les milieux citadins. Leur rôle reflète la place qu’ils ont occupée dans le pays au champ du combat politique et culturel. Le crédo des ‘’ Nadis’’ ou cercles du temps où les jeunes prenaient leurs quartiers. Ces lieux qui allaient faire bouger les lignes du statu quo vont susciter de rapprochements et par là aussi, des vocations. En offrant aux jeunes un contexte de rencontres où ils pouvaient ensemble œuvrer à imaginer des choix politiques. Ils ont, au début du XXe siècle, bouleversé la vie culturelle et politique à Tlemcen. Cet élan fut à l’origine d’une véritable petite révolution soufflant un nouvel esprit. Impliquant de nouveaux comportements il fut, ainsi, au fur et à mesure des engagements, à l’origine de nouvelles formes de pensées dont celles inclinant vers la gauche progressiste acceptant les idées laïques qui ont commencé à prendre place à l’intérieur de la société. Ces lieux ont pendant, la durée marquant le nationalisme, symbolisé ce lien avec le combat permanent qui a conduit à, l’indépendance. La pensée progressiste anti impérialiste caractéristique d’une modernité a fait fortement impact vers les années ‘’30’’ à Tlemcen et cela, dans le milieu des jeunes intellectuels avec des figures de proue telles Mohamed Badsi militant communiste et nationaliste fondateur , en 1928, à Tlemcen de l’association ‘’Les amis de l’U.R.S.S’’ qui a structuré la gauche en éclosion particpant aux côtés de Amar Ouzegane secrétaire du parti communiste en Algérie ainsi que d’autres délégués militants dont Sid Ahmed el Yebdri, aux travaux du congrès constitutif du parti communiste , les 16 et 17 octobre 1936, à Alger . Voir plus tard encore toute l’équipée des jeunes politiquement motivés et qui , engagés dans ses rangs, vont faire leus premières passes politiques : Mustapha Yellès Chaouche, Abderrahmane Bouchama , Abdelkader (Djilali) El hassar … de la première génération suivie par des jeunes au profil d’intellectuels , instituteurs ou professeurs laïcs , dont Mohamed Dib , Abdelkader Guerroudj , Ghani Mered, Sid Ahmed Triqui, Djelloul Yellès, le martyr Inal Sid Ahmed…infuencés par la révolution soviétique d’octobre 1917 et constituant un front du progrès mobilisant les Jeunes qui avança spectaculairement dans cette cité . L’écrivain Mohamed Dib a gardé vivace le souvenir de son militantisme de gauche au sein du parti avec Mohamed Badsi qu’il cite dans l’univers de sa trilogie , ‘’La grande maison ‘’.


https://www.vitaminedz.com/fr/Algerie/les-cercles-ou-nadis-lieux-224807-Photos-13-249-1.html

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Ben

AMILA RAHAL, AUTRICE DE “TU ES PLUS LIBRE QUE TES GEÔLIERS”

“L’Histoire est le fil conducteur de ce récit romanesque”

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HANA MENASRIA
Publié 28 Mars 2022 à 09:21
© D.R

Ancienne journaliste et éditrice à Oran, Jamila Rahal est également organisatrice d’événements littéraires et autrice de livres de jeunesse. “Tu es plus libre que tes geôliers” (éditions Casbah) est son premier roman. Rencontrée au 25e Sila, elle évoque sa passion pour l’histoire et sa reconversion en romancière.

Liberté : Vous venez de signer votre premier roman historique. Comment est né ce projet ?

Jamila Rahal : Tu es plus libre que tes geôliers est mon premier roman, et il a mûri durant un certain temps avant son écriture et sa publication. Quand je suis arrivée à ce stade de ma vie où celle de mes enfants s’est détachée un peu de la mienne, j’ai retrouvé du temps pour moi et cela m’a permis de me consacrer réellement à l’écriture. C’est un roman historique et non un livre d’histoire ni une autobiographie ; tous les personnages sont fictifs, et ce, même s’ils évoluent dans un contexte historique bien déterminé, qui est celui de l’Algérie coloniale (1890-1954). La matière historique évidemment, c’est le matériau essentiel, le fil conducteur pour construire ce récit romanesque. En fait, le volet réel consiste en des évènements très importants survenus à l’époque, comme la conscription obligatoire des musulmans en 1912, les Guerres mondiales 1re et 2e, avec leur sinistre épilogue du massacre du 8 mai 45, le crash boursier de Wall Street, la montée du mouvement national avec toutes ses couleurs jusqu’à l’explosion finale du 1er Novembre 1954. Tous ces évènements ont impacté mes personnages d’une manière ou d’une autre.

Pour son écriture, avez-vous réalisé des recherches approfondies ?

J’ai eu la chance d’avoir un papa féru d’histoire. Depuis mon plus jeune âge, j’ai pris l’habitude d’être entourée de livres d’histoire ; j’étais attirée par mon père durant sa lecture, avant d’être attirée par la lecture du livre. Quand mon père lisait, il avait des expressions sur le visage ; il avait une lecture qui s’apparentait au spectacle et cela m’a toujours fascinée. Quand, j’ai eu du temps pour moi, je me suis dit alors : “J’ai la prédisposition, la patience et l’envie pour le faire”. Mais malgré ma passion pour l’histoire, je ne suis pas une experte ; alors j’ai réalisé en amont un travail colossal et l’écriture m’a pris trois ans. Durant ces trois années, une bonne partie a été consacrée à la recherche. J’ai lu certains livres brièvement, d’autres d’une manière plus approfondie et quelques-uns pour retrouver les différentes ambiances du passé, par exemple les chansons, les plats ou les restaurants fréquentés, les films, la mode vestimentaire… J’ai effectué ces recherches afin de donner plus de chair et de profondeur possible à mes personnages, et ce, pour mieux les camper. J’ai aussi fouillé mes mémoires, dans les bas-de-pages, les adages sont traduits en arabe.
Ma mère parlait comme si elle déclamait un poème, elle est très imprégnée de sa ville, Tlemcen. À cet effet, pour donner plus de chair à mes personnages, ils parlent comme ma mère ! D’ailleurs, toutes les parties intimistes du livre, à l’exemple de disputes entre belles-mères ou belles-filles, je les pense en arabe dialectal pour les traduire en français, contrairement à la partie historique, qui est pensée en français.
C’était très important pour moi de le traduire à ma manière ! Je suis issue d’une famille de tradition orale, donc j’ai essayé de retranscrire cette oralité le mieux possible.

Du livre jeunesse au roman… quelle voie pensez-vous poursuivre ?

Comme expliqué, je viens d’une famille de tradition orale, j’ai commencé avec mes enfants en leur racontant des histoires de mon invention. Je m’amusais à lire les émotions sur leur visage comme la tristesse, la joie, le soulagement… Je me suis mise alors à l’écriture de ces histoires.
Aujourd’hui, je continue à écrire des livres jeunesse, mais personnalisés pour mes petits-enfants, d’ailleurs, c’est ce que je leur offre pour leurs anniversaires. Et l’écriture jeunesse reste attacher à mon côté maman et mamie. Mais ma reconversion c’est le roman, c’est ce que j’ai envie de faire.

Entretien réalisé par : Hana Menasria


https://www.liberte-algerie.com/culture/l-histoire-est-le-fil-conducteur-de-ce-recit-romanesque-375576


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