Tipaza ou Tipasa -en arabe : تيبازة -en Tifinagh : 
La présence de la mer, des reliefs du Chenoua et de la Dahra donnent un paysag
e particulier et un intérêt touristique.
De nombreux vestiges puniques, romains, chrétiens et africains attestent de la richesse de l'histoire de cette colonie.
Tipaza
(Jean Bogliolo écrivait Tipasa avec un Z. C'était toléré.)
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Cependant que les flots exhalent leurs soupirs,
Sur les fûts brisés zigzaguent les hirondelles;
Le terrain caillouteux resplendit d'asphodèles
Qui naissent au printemps vierges de souvenirs.
Pénétrant de leur or les vagues de saphir,
Les rayons moribonds du soleil étincellent
Je rêve. Expire au loin le chant des tourterelles
Où suis-je ? A Tipaza ? Dans le pays d'Ophir ?
Le soir tombe. La nuit voilera les ruines
Mais surgit Séléné, riche en clartés divines
Bientôt donc renaîtront tous les dieux disparus,
Et le pas souverain des légions romaines,
Et, proches de la mer où chantent les sirènes,
L'ombre de Jean Grenier et l'ombre de Camus.
Jean Bogliolo
Professeur de lettres classiques au Lycée Gautier
L'ombre de Camus plane toujours sur Tipasa et ses ruines romaines, dont il était l'enfant comme il l'était du quartier pauvre de Belcourt. L'auteur de Noces y a même son monument.
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A 70 kilomètres à l'Ouest d'Alger, sur la route du littoral Tipasa occupe un site qui n'a guère changé depuis l'Antiquité.
A peu de distance du massif du Chenoua, qui l'abrite du côté de l'Ouest, sur trois promontoires que séparent des criques profondes au pied de collines modérées qui ferment l'horizon vers le Sud, la ville antique s'étendait le long de la mer sur environ 1500 mètres.
Si l'on ne possède que de maigres renseignements sur Tipasa, cela tient essentiellement à ce que les recherches archéologiques y ont commencé seulement vers 1895 - trop tard malheureusement pour empêcher bien des destructions et des actes de vandalisme.
En 1859, d'après un document officiel quatre fours à chaux fonctionnaient sur l'ancienne ville.
Les premières fouilles méthodiques furent faites en 1891 par Stéphane Gsell et l'abbé Saint-Gérand. Elles furent interrompues assez brusquement à la mort de ce dernier et c'est seulement en 1913 que le Service des Monuments Historiques entreprit d'une façon plus suivie des recherches sur ce site.
Depuis, elles ont été poursuivies avec une certaine régularité et plusieurs monuments témoignent à l'heure actuelle de l'importance et aussi de l'intérêt dés vestiges de la ville antique.
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Entre le promontoire au dessus des ruines de Tipaza, où la stèle à Camus dit :
"Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure"
et le mont Chénoua, il y a une grande plage qu’on appelle Matares..
La misère étant, comme dit l'autre, moins pénible au soleil, Camus allait souvent à Tipasa, non loin d'Alger, s'abandonner aux joies du farniente et se baigner dans la mer "vivante et savoureuse", sous le mont Chenoua, qui ressemble à une femme enceinte allongée sur le dos.

Des mots qui, partis d'ici, ont fait le tour du monde.
Onfray commente : "Noces est un grand texte panthéiste au rebours de la phénoménologie, qui complique tout avec des néologismes. Il fait de la métaphysique sans en avoir l'air, avec des mots simples."
"Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bleu écru,les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. A certaines heures la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. L'odeur volumineuse des plantes aromatiques racle la gorge et suffoque dans la chaleur énorme. A peine au fond du paysage, puis-je voir la masse noire du Chenoua qui prend racine dans les collines autour du village, et s'ébranle d'un rythme sûr et pesant pour aller s'accroupir dans la mer.
Nous arrivons par le village qui s'ouvre déjà sur la baie. Nous entrons dans un monde jaune et bleu où nous accueille le soupir odorant et âcre de la terre d'été en Algérie. Partout, des bougainvillées rosat dépassent les murs des villas; dans les jardins, des hibiscus au rouge encore pâle, une profusion de roses thé épaisses comme de la crème et de délicates bordures de longs iris bleus. Toutes les pierres sont chaudes."
Nota Ben :-
On découvre aisément dans l'œuvre de Camus des résurgences de l'aptitude poétique à traduire les sensations dans leur pleine saveur qui triomphait dans Noces (1938), un des premiers essais où avant l'amère découverte de l'absurde, le jeune Camus célébrait avec fougue ses « noces avec Tipaza et avec le monde ».
"Je comprends ici ce qu’on appelle gloire : le droit d’aimer sans mesure. Il n’y a qu’un seul amour dans ce monde. Etreindre un corps de femme, c’est aussi retenir contre soi cette joie étrange qui descend du ciel vers la mer. Tout à l’heure, quand je me jetterai dans les absinthes pour me faire entrer leur parfum dans le corps, j’aurai conscience, contre tous les préjugés, d’accomplir une vérité qui est celle du soleil et sera aussi celle de ma mort."
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Extrait de l’essai d’Albert Camus, "Noces à Tipaza".
Il n'y a pas de mal ni de honte à être heureux...
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Constant Louche Devant le Chenoua Huile sur toile, 36x120
A. Camus dans les ruines
« … l’incessante éclosion des vagues sur le sable me parvenait à travers tout un espace où dansait un pollen doré. Mer, campagne, silence, parfum de cette terre, je m’emplissais déjà d’une vie dorante et je mordais dans le fruit déjà doré du monde, bouleversé de sentir son jus sucré et fort couler le long de mes lèvres. Non, ce n’était pas moi qui comptais, ni le monde, mais seulement l’accord et le silence qui de lui à moi faisait naître l’amour.»
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http://www.dailymotion.com/video/x9oumi_noces-a-tipaza_creation
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ALBERT CAMUS 

farid-benyaa
Carte : wikimapia
Google Earth Map Tapez : Tipaza dans Recherhe ![]()
| http://maps.google.com/maps?f=q&source=s_q&hl=fr&geocode=&q=Tipaza&sll=37.0625,-95.677068&sspn=39.235538,107.138672&ie=UTF8&hq=&hnear=Wilaya+de+Tipaza,+Alg%C3%A9rie&t=h&z=10 |
http://wikimapia.org/#lat=36.5936684&lon=2.450037&z=16&l=0&m=b
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Sidi Fredj - Tipasa - Cherchell
Noces à Tipasa
Au printemps, Tipasa est habitée par les dieux et les dieux parlent dans le soleil et l'odeur des absinthes, la mer cuirassée d'argent, le ciel bleu écru, les ruines couvertes de fleurs et la lumière à gros bouillons dans les amas de pierres. À certaines heures, la campagne est noire de soleil. Les yeux tentent vainement de saisir autre chose que des gouttes de lumière et de couleurs qui tremblent au bord des cils. L'odeur volumineuse des plantes aromatiques racle la gorge et suffoque dans la chaleur énorme. À peine, au fond du paysage, puis-je voir la masse noire du Chenoua qui prend racine dans les collines autour du village, et s'ébranle d'un rythme sûr et pesant pour aller s'accroupir dans la mer.
Qui mieux qu'Albert Camus n'a chanté Tipasa.
....La basilique de Sainte-Salsa est chrétienne, mais chaque fois qu'on regarde par une ouverture, c'est la mélodie du monde qui parvient jusqu'à nous: Coteaux plantés de pins et de cyprès, ou bien la mer qui roule ses chiens blancs à une vingtaine de mètres. La colline qui supporte Sainte-Salsa est plate à son sommet et le vent souffle à travers les portiques. Sous le soleil du matin, un grand bonheur se balance dans l'espace.
....Heureux celui des vivants sur la terre qui a vu ces choses....
....Je m'obstinais pourtant, sans trop savoir ce que j'attendais, sinon , peut-être le moment de revenir à Tipasa. Certes c'est une grande folie de revenir sur les lieux de sa jeunesse et de vouloir revivre à quarante ans ce qu'on a aimé et dont on a fortement joui à vingt.....
....Je désirais revoir le Chenoua, cette lourde et solide montagne, découpée dans un seul bloc, qui longe la baie de Tipasa à l'ouest, avant de descendre elle même dans la mer. On l'aperçoit de loin bien avant d'arriver, vapeur bleue et légère qui se confond encore avec le ciel. Mais elle se condense peu à peu, à mesure qu'on avance vers elle, jusqu'à prendre la couleur des eaux qui l'entourent, grande vague immobile dont le prodigieux élan aurait été brutalement figé au dessus de la mer calmée d'un seul coup. Plus près encore, presque aux portes de Tipasa, voici sa masse sourcilleuse, brune et verte, voici le vieux dieu moussu que rien n'ébranlera, refuge et port pour ses fils dont je suis....
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Albert Camus, " Noces à Tipasa "
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Tipaza belle et rebelle



N o c e s


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